Samedi 28 juillet 2007
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Jour 9 : Hoi An
Le guide nous donne rendez vous devant l'hôtel dont, pour une fois, nous partons à pied ! C'est bien mais la chaleur est écrasante, heureusement le centre n'est pas loin ! Cette vieille ville est vraiment agréable, les routes sont assez large et surtout le centre est interdit aux voitures, idéal pour se dégourdir les jambes ! Pour accéder au centre ville, nous avons traversé un pont, apparemment ce n'était pas le seul qui traverse la rivière Thu Bon, mais l'autre était en plein travaux.
Une fois encore le guide nous abandonne, pendant une petite demi-heure. Nous pouvons nous perdre dans la vieille ville. Mais attention rendez vous devant le pont !Plutôt que de me promener en solo, je reste en compagnie des jeunes mariés, c'était plus prudent, car je ne fais qu'à moitié confiance à mon sens inné de l'orientation... Cette petite vadrouille m'a permis de constater que Hoi An allait être une de mes villes préférées !!! Dans toutes les rues, des boutiques avec des sacs, des estampes, du vestiaire à perte de vue... Sans exagérer : le paradis du shopping vietnamien ! Quel terrible bonheur, mon portefeuille n'allait pas en sortir indemne...
Hoi An ancienne Fai Fo n'est pas une débutante en se qui concerne le shopping et de manière général pour tout ce qui touche au commerce. Ancienne capital du royaume Cham, c'est un carrefour maritime important. En effet le Thu Bon relie le port de la ville à la mer de Chine. Le port reçoit des bateaux venus du monde entier. C'est ici que le jésuite portugais Alexandre Rhodes mit au point la latinisation de la langue Vietnamienne (avec des caractères romains et non plus des signes). Le christianisme fut diffusé dans cette zone. Ces échanges ont eu pour conséquence l'installation de communautés étrangères dans la ville : chinois et japonais ont laissé derrière eux des traces dans l'architecture unique de cette cité classé au patrimoine mondial de l'Unesco.
De retour au point de ralliement, le groupe entier s'avance vers le pont japonais. Ce pont date de 1593 !!! Il est assez court mais très large, il m'a parut très agréable de le traverser pour la bonne et simple raison qu'il est couvert !!! Cela devait faire plus d'une heure que je n'avais pas profité d'un peu d'ombre, la traversée s'est alors éternisée. À l'entrée et à la sortie du pont des statuettes de singes et de chiens symbolisent l'année de construction et d'achèvement du pont. Un peu après le pont, nous étions conviés à visiter la maison Phung Hung. Nous sommes reçus par le propriétaire des lieux, un homme d'un certain âge qui parle très bien le français. Cette demeure appartient à sa famille depuis 8 générations, elle a été construite en 1780. Elle a résistée aux inondations (qui sont assez fréquente dans la région lors des périodes de mousson). Elle repose sur 80 piliers de bois de fer (essence de bois imputrescible teck) qui repose sur du marbre. Son style est un savant mélange d'art vietnamien, chinois et japonais. Chaque détail commenté à été pris en photo !!!
Les chinois ont donnés la véranda intérieure. Les japonais ont laissés une toiture à 4 pans avec tuiles yin/yang. Cette maison est la plus haute de la ville, à l'étage une trappe permet de hisser la marchandise depuis le rez-de-chaussée .A l'étage toujours, l'autel des génies protègent la maison. La décoration de la maison est très belle. A la fin de la visite, cet "humble" commerçant nous a présenté tout son artisanat (nappes brodées, objets en os, lithographies...). Pour finir un thé chaud servit dans de tous petits verres de la taille d'un verre de saqué a un goût qui s'apparente assez à de la tisane.
Quelques pâtés de maison plus loin, nous visitions une exploitation de vers à soies. Sur place au rez-de-chaussée de la maison, nous avons pu admirer le travail méticuleux des ouvrières produisant de splendides tableaux confectionné avec du fil de soies. Les artistes tisseuse s’inspirent d'une photographie. Elles reproduisent des paysages splendides ou toutes la nuance des couleurs est reprise par du fil dont la teinte traduit au mieux la réalité. En moyenne un tableau de 45 par 30 demande un travail de 1 mois et demi. C'est un travail réellement admirable.
La technique est la suivante:
-1 image de référence
-1 reproduction sur la toile support
- 1 mise en couleur par tissage.
Tous les fils sont tissés côte à côte, pour donner cet ensemble harmonieux de couleurs qui forme le tableau.
Dans une pièce au fond de l'atelier, nous avons eu l'explication de la confection du tissus à partir du fil : deux types de métiers à tisser, un manuel et un automatique (certes plus rapide mais très bruyant).
A l'étage, explication et observation du développement du vers à soie. Nous avons pu admirer l'artiste en devenir et en plein travail ! Cette visite me parut très ludique. C'est dans la boutique même qu'est installée la machine à dérouler les cocons ! Des dizaines de cocons plongés dans l'eau chaudes sont déroulés en même temps pour former un fils d'une finesse incroyable, à peine visible!
Enfin nous sommes arrivés dans la caverne d'Ali Baba : la boutique, un rêve ! Pour la première fois je rentrais dans un commerce où le vestiaire est fait sur mesure ! La matinée allait se terminer en beauté par quelques cadeaux pour la famille et l'acquisition d'un haut en soie pour Bibi.
Après avoir déjeuné au bord du Thu bon, nous sommes partis pour une promenade au fil de l'eau ! On peut voir sur les clichés les filets de pêche étendu sur la rivière. Sur les rives la végétation est luxuriante, on croise parfois des vaches ou des buffles d'eau. Nous passons sous un pont en bambou assez "étroit" le conducteur de la barque rie sans arrêt, il laisse un membre du groupe conduire le bateau... le pont est resté en place ! Nous allons accoster en plein dans le marché qui s'étend sur les berges de la rivière!!! Au milieu de la foule colorée, le groupe se sépare, chacun est libre de visiter la ville et de faire ses emplettes.
Malgré la chaleur torride de cette journée, se perdre dans les rues de Hoi An a été un grand plaisir ! La ville par elle même est très agréable les rues sont larges et propres malgré la chaussée poussiéreuse. Les boutiques artisanales s'étendent à perte de vue, les gens sont souriants et aimables (pas comme en France !). Ce moment à encore été l'occasion pour moi de communiquer avec les commerçants et de pouvoir confirmer mon incompétence linguistique ! L'honorable commerçante me propose de faire ma commande pour 18 dollars sauf que moi je comprends 80 ! eighteen, eighty bref heureusement nous avons réglé l'affaire avec papier et crayon... Quelle honte 8 ans d'anglais pour ça, j'ai au moins eu le mérite de faire bidonner la patronne et les employées!
De retour à l'hôtel décrassage oblige, un petit tour dans la salle de bain s'impose, des voix et des rires assez proche m'intriguent. Par la fenêtre un tapis de verdure bouche la vue... Je sors avec mon appareil, c'est des voix d'enfants. Ma chambre est contre un terrain de football ! Un groupe d'enfant joue, super occasion pour prendre quelques clichés ! Je me prépare, mais un jeune homme vient à ma rencontre, c'est un des gardiens. Ils sont au moins une dizaine et font des rondes toute la nuit entre les bungalows de l'hôtel. J'essaie de communiquer avec lui, il a 25 ans son père et son frère sont chauffeurs de taxi, on parle de foot, (mais si c'est la cadette de mes préoccupations, lui apparemment c'est son truc!). Bon évidement il s'appelle Nguyen... (Je ne sais même pas pourquoi je lui ai demandé... dans ce pays ils s'appellent tous Nguyen!)
Il est l'heure pour lui de reprendre sa ronde et pour moi de rejoindre le reste du groupe pour un repas en plein air sous tente dans le magnifique jardin de l'hôtel. En fin de soirée, on apporte aux dépensiers leurs achats sur mesure qui ont été exécutés en quelques heures... (Ça laisse rêveur quand on pense au temps qu'on attend pour un petite retouche dans notre pays natal !). Une journée véritablement inoubliable s'achève! Hoi An, je reviendrai je le promets.